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Festival du film. Locarno, 2004
La peinture en marche.

Dans Walker, le réalisateur Villi Hermann se plonge dans l'univers du peintre tessinois Renzo Ferrari, et signe un film sobre et sensible. Entre le Tessin, Milan et New York, ce court métrage propose de découvrir l'artiste à travers les tableaux qu'il a réalisé pendant l'année 2003-2004. Toujours en mouvement, Renzo Ferrari observe le monde sans relâche pour le traduire ensuite au moyen de mots et de croquis, les incrustations d'images filmées au cœur de ses dessins permettant ici de saisir sa façon de transcrire ce qu'il voit. Pour ce film, il laisse entrevoir un peu de son processus de création.
Entretien avec le réalisateur.

Pourquoi un court métrage sur Renzo Ferrari ?
Je le connais depuis des décennies, comme peintre et graveur. Je possède quelques-uns de ses tableaux. On se voit une ou deux fois par années et je me suis dit que je pourris faire un film sur un ami. On le fait d'habitude sur des personnages qui sont morts ou très à la mode, mais oser faire un film avec et sur un ami n'est pas une démarche courante.

Renzo Ferrari vous a-t-il facilement ouvert son intimité et laissé observer son processus créatif?
C'est assez délicat. Heureusement, j'avais ses tableaux, ses gravures et ses esquisses. À travers ce monde-là, j'ai peut-être réussi à gratter un peu la surface. Il y a très peu d'interviews dans le film. J'essaie de le comprendre et de le faire comprendre à travers ses propres travaux.

Pensez-vous que le vécu d'un artiste peut se lire à travers ses œuvres?
Oui, car c'est tout de même son moyen d'expression premier. La démarche qui consiste à interviewer le peintre lui même, ses amis, des galeristes pour mieux comprendre son art ne m'intéressait pas. Je voulais le découvrir, un peu plus, en tant qu'ami, et j'ai donc pu le faire à travers son œuvre, et non à travers le discours hermétique des critiques d'art. J'ai également essayé de le faire découvrir é mes concitoyens et aux gens qui ne s'intéressent pas normalement à la peinture.

Le film traverse les paysages urbains de New York et Milan et la campagne Suisse italienne. Est-ce que ce sont là les deux facettes du peintre?
Oui, absolument. Il est né dans une zone rurale en dehors de Lugano, très retirée, presque dans les montagnes, mais son activité artistique - galeries et expositions - est à Milan. Il y a donc cette oppositions : il a ses racines " paysannes ", comme la plupart des Suisses, mais il est entièrement immergé dans un monde urbain. Ce contraste me fascine et j'essaie de le montrer à travers les images.

© Pardo News, Locarno, Pierre-Yves Walder

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