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Renzo Ferrari (1939) est un artiste de frontière.
Son territoire artistique se situe en Lombardie tout comme
au Tessin. Il habite dans la maison familiale à Cadro, près
de Lugano mais a aussi un atelier à Milan.
Ces dernières années, les tableaux de Ferrari ont évolué.
Des éléments, plus résolus, sont apparus; des éléments, provenant
en partie de la culture africaine et asiatique, multi-ethnique,
ainsi qu'une lumière artificielle, phosphorescente, celle
des métropoles.
Ce film sur Renzo Ferrari ne veut pas être un film biographique
mais un assem-blage d'indices biographiques, pris à l'intérieur
de ses tableaux, découverts à travers des associations, objets,
sculptures, ombres et signes. Je connais
le peintre depuis des décennies, je suis ses expositions et
j'ai souvent pensé à réaliser un film sur cet artiste mais
je n'ai jamais envisagé un film biographique.
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Cette
vidéo est un voyage à l'intérieur des tableaux de la production
2000-2003. Ils sont riches en références socio-politiques:
l'émigration et sa géographie, la multi-ethnicité, on y trouve
aussi des figures particulières comme "Gaio", ni homme, ni
femme. Je filme la géographie milanaise de Renzo Ferrari:
le bar où il se rend tous les matins, le bar africain où se
retrouvent les émigrés africains et asiatiques, ses promenades
dans le quartier de Brera, à Milan, ses visites nocturnes.
Je filme son atelier, les esquisses qui couvrent les pages
de ses calepins, les mots qu'il écrit dans ses carnets alors
qu'il boit un café ou prend l'air dans un jardin public.
Je filme la cuisine de la maison familiale, son petit atelier
tessinois, son "Bateau-Lavoir " ouvert au vent. On marche
dans les bois autour de Cadro. Renzo Ferrari aime marcher
dans les bois. La marche est vitale pour le peintre. Il ne
conduit pas, il utilise les transports publics, car, bus,
train et on se fait transporter par les amis. Pour se rendre
dans son atelier à Milan, par exemple, il va de Cadro à la
gare de Lugano à pied. C'est vraiment un marcheur, un walker.
Cela transparaît, accompagné de poésie, dans ses tableaux.
Certains s'intitulent "Walker ", réminiscence de son dernier
voyage à New York qui l'a fortement influencé.
Dans ce film il n'y a pas de déclarations d'experts, de critiques
d'art ou d'amis, seulement les tableaux et leurs renvois visuels
ou sonores.
Je filme avec une caméra en mouvement afin d'accompagner le
marcheur, Renzo Ferrari, dans la nature, en ville ou dans
son atelier: il se déplace à grands pas. La caméra suit aussi
les signes tracés par le peintre. Le double mouvement de la
caméra et du tracé des signes fragmentera encore plus les
tableaux, les fera exploser.
Pour la musique du film, j'ai collaboré avec Christian Gilardi
(flûte) et Zeno Gabaglio (violoncelle), leur musique est mélangée
à une bande sonore programmée, à des sons urbains de Milan
et New York et à des bruits de la campagne.
Il existe un DVD qui contient le film, des tableaux du peintre
et le making-of.
Imagofilm Lugano, avril 2004
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