:: synopsis ::
:: presse ::
:: photos ::

:: synopsis ::

«Cherchons ouvriers, offrons…» traite du problème du travailleur frontalier, c'est-à-dire du travailleur étranger autorisé à travailler en Suisse, mais pas à y demeurer. Ce travailleur ne possédant pas de permis de séjour est obligé de quitter la Suisse tous les soirs.
De part ce fait on assiste au Tessin, et plus spécialement dans le Sottoceneri, à l’expansion artificielle d’industries stimulées par la concentration, dans les zones de frontière une main d’œuvre italienne bon marché.
Cette forme d’immigration temporaire implique un autre phénomène non moins négligeable tant au niveau social qu’au niveau individuel: le phénomène du pendularisme. L’éloignement du lieu de travail oblige souvent le frontalier à sacrifier une partie de son temps réservé au repos, aux divertissements et à la culture.
D’autre part le phénomène des travailleurs frontaliers correspond à une importante composante économique des régions de frontière. Ainsi au Tessin, il existe un ensemble de petites et moyennes industries alimentées par cette main d’œuvre frontalière qui produit mais aussi consomme. Le phénomène des frontaliers pose donc au Tessin un problème économique, social mais aussi culturel.
Le choix du thème du film a donc une raison: c’est en quelque sorte une tentative d’intervention directe dans le cadre d’un contexte socioculturel dont la population indigène mais aussi suisse en général doit prendre conscience. Le film rassemblant les éléments les plus significatifs possibles du problème se veut une œuvre, une invitation à la sensibilisation. C'est une sorte de film reportage ou mieux de «film-dossier». Les personnes interviewées sont avant tout des travailleurs frontaliers, hommes et femmes. L’intention est de souligner le rôle actif des travailleuses, en les invitant à entrer dans le discours politico-économique. D’autre part, des syndicalistes de diverses tendances politiques interviennent pour souligner les jugements émis par les frontaliers.
Le film naît d’une vaste enquête menée par un groupe culturellement et politiquement hétérogène, et donc capable d’affronter les problèmes des travailleurs frontaliers sous divers aspects. C’est un travail basé sur des témoignages, des faits économiques, des statistiques, des actes juridiques et réalisé dans l’intention d’offrir une vision objective du problème.
Le film se déroule sur trois voies distinctes mais aussi liées entre elles. La première voie est constituée par le récit d’une femme évoquant le processus de l’immigration qui a pour «plateforme de triage» la gare de Milan (image initiale). Cette femme intervient aussi comme élément de «suspense» d’un drame familiale. Son image se dessine à travers une longue série de photos statiques toujours annoncées par une image flash, énigmatique mais symbolique, d’une grue mobile qui rappelle l’accident mortel du mari. L’évocation de la femme sert de squelette au film. L’enquête sur les conditions économiques, sociales et culturelles du phénomène des frontaliers constitue la deuxième voie du film.
La troisième est réservée à la hiérarchie institualisée: patronat, syndicats, etc… et on fait alors recours à l’utilisation du magnétoscope pour souligner le caractère officiel des déclarations. D’ailleurs le spectateur a l’impression d’être chez lui, devant sa télé: la personne interviewée s’adresse à lui personnellement. Au contraire les interviews des frontaliers ont un caractère anonyme: on a éliminé le contact entre la personne interviewée et le spectateur (présence silencieuse de la caméra).
Le commentaire de l’écrivain tessinois Giovanni Orelli est le fruit d’une collaboration étroite et méthodique entre l’écrivain, le cinéaste et le groupe de travail. La musique est de Dario Fo, auteur et acteur de théâtre.
Extrait du ciné-tract distribué en 1974
1974, © IMAGOFILM Lugano

© Imagofilm: Tutti i diritti d'autore e fotografici di questo sito
sono dell' Imagofilm Lugano o degli autori citati

back to IMAGOFILM home page