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:: commentaires ::
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Vittoria
B., veuve
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:: Lettre
adressée par la veuve Vittoria B. au tribunal suisse, mars
1972 ::
Citations tirées du film:
Jeune ouvrier
Un frontalier a peu de droit. Pourtant il passe la majeur partie
de son temps en Suisse et devrait s‘intéresser aux
problèmes du lieu. Mais dans l‘usine où je travaille
le règlement nous interdit de parler de politique même
durant la pause.
Ouvrier du textile
Quels sont nos droits en Suisse ? Ramasser la paye !
Chauffeur
Je pense qu’on n’a que le droit de travailler, c’est
tout. Les travailleurs étrangers domiciliés en Suisse
ont déjà quelques droits, mais les frontaliers n’en
ont aucun.
Jeune ouvrière du textile
Le problème des frontaliers a crée un déséquilibre
dans la zone de frontière italo-suisse. Les méridionaux
et leur famille ont dû s’installer dans cette région
car ils n’ont pu obtenir de permis de séjour en Suisse.
Mais l’Italie du Nord n’était pas préparée
à cet afflux de population, aussi les services publiques
sont insuffisants. Voilà le résultat.
Jeune ouvrier
Les communes de la frontière sont surpeuplées ce qui
entraîne une spéculation phénoménale
dans la construction et sur les prix des loyers. J’ai des
amis qui ne payent pas la chambre mais le lit. Ils dorment à
quatre dans une chambre et chacun paie son lit. Un autre habite
dans une maison qu'on devrait démolir car elle tombe en ruine.
Pour deux pièces dans cette baraque il paie 35000 lires (en
1974). En plus d’être exploité en Suisse, on
est exploité en Italie.
Gianfranco Franchi, syndicaliste italien,
Côme
La Suisse n’investit pas dans les zones de frontière
italiennes où elle prend sa main d’œuvre, dont
elle tire pourtant de grands bénéfice et ne participe
pas à la formation professionnelle.
Le gouvernement italien est aussi responsable car il ne se préoccupe
pas du Sud ce qui oblige les jeunes à émigrer au Nord
ou ils ne trouvent pas de travail non plus. Ils doivent donc se
rendre en Suisse et travailler à n’importe quel prix.
Jeune ouvrière du textile
Les loisirs sont un problème car comme frontalières
nous partons plus tôt le matin e rentrons plus tard le soir.
Pour celles qui ont une famille les loisirs n’existent pas.
Pour moi tout dépend si j’ai envie de sortir ou si
la fatigue me force à me coucher tôt.
Ouvrier – métallurgie (50 ans)
Si l’on pense qu’un frontalier se lève vers 5h
et rentre le soir à 8h à cause du trafic, les loisirs
sont limités, le temps que l’on consacre à la
famille est réduit. Et puis dans ces villages de frontière
il n’y a ni gymnase ni piscine, il n’y a rien pour les
jeunes.
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